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| La corne est une matière naturelle,
travaillée depuis la nuit des temps, quelques machines viennent
aujourd'hui aider l'artisan, pourtant de nombreuses opérations
restent entièrement manuelles. |
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Il ne faut pas moins de 17 opérations
et des milliers de gestes précis pour confectionner un peigne
en corne. |
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Selon la forme de la corne,
un seul modèle de couvert bien précis peut être
façonné. Il sera scié à main levée. |
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| Naissance d'un Peigne en corne |
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Il ne faut pas moins de 17 opérations,
des milliers de gestes précis pour confectionner un peigne
en corne.
Trier, scier, biscayer, aplatir, marquer, rogner, façonner,
carrer, stader, planeter, appointer, perler, baguetter, façonner
le dos du peigne, poncer et polir font de ce métier plutôt
un artisanat développé qu'une petite industrie.
L'odeur que nous pouvons sentir est celle de la corne chauffée,
mais non brûlée, matière première unique
de l'Atelier La Licorne.
La corne, qui arrive d'Amérique du Sud et d'Afrique, est
importée, séchée et vidée de l'os qu'elle
contient et est alors prête à subir les différentes
étapes de la fabrication :
- La corne est triée, avant
d'être sciée. L'il et le doigté,
sont les principales qualités du scieur, qui doit éliminer
les cornes qui ont de gros défauts. Ensuite il tronçonne
les cornes en 4 parties, qui ont chacune une destiné très
précise :
- la pointe sera utilisée pour faire des pièces
de tournage comme des blaireaux, des rasoirs
- le biscage ou creux sera utilisé pour
fabriquer les peignes
- la gorge fine partie à l'embase,est destinée
à la fabrication des peignes fins et des peignes à
poux
- le déchet, situé sous la gorge, partira
au broyeur pour être transformé en engrais. En
effet, la corne constituée de 12 à 16 % d'azote,
est un excellent engrais naturel.
- Le biscayage est l'opération
la plus spectaculaire dans le processus de fabrication d'un peigne
en corne.
Cette technique consiste à dérouler le biscage,
elle permet d'obtenir une plaque plus grande, appelée sabot
de par sa forme. La corne est chauffée dans la partie
haute d'un four en briques, le biscayeur assis devant le
feu, saisit le biscage arrivé à température
idéale. Il le frappe avec la serpette avec une dextérité
et une force remarquables, et au son il reconnaît s'il est
prêt à se laisser ouvrir ou pas. Il appuie contre
le bâton en bois planté sur son banc, et plante sa
serpette tranchante dans la partie la plus épaisse, en
descendant en spirale jusqu'en bas dans cette corne ramollie par
la chaleur. Avec une grande pince, il saisit alors le biscage
entaillé, et le présente sur la flamme pour le réchauffer,
sans le brûler.
- L'aplatissage
Avec la petite pince, il ouvre le biscage et l'aplatit
grossièrement dans la grande pince, le repasse sur la flamme,
et enfin le glisse entre deux plateaux de la presse, dans lesquels
circule de l'eau froide, afin d'aplatir et de refroidir en même
temps ce biscage devenu sabot.
Le biscayeur est le métier le plus difficile de la profession.
Il exige force, adresse et résistance. Cette technique,
très pénible, a été abandonnée
par l'Atelier La Licorne, en 1997.
Aujourd'hui, le creux, est scié en long, puis chauffé
dans un bain d'huile, et aplatie sous une presse avant d'être
refroidi.
- Le marquage
Dans ce sabot ainsi obtenu, sont dessinées des ébauches
de peignes, 1,2 ou 3 selon la taille de la plaque. Ce marquage
est exécuté à l'aide de gabarits en bois,
et d'un stylet appelé régadou, outil formé
d'un petit bout de bois dans lequel est enfoncé une pointe
affûtée à la base. Il s'agit être très
vigilant pour détecter les défauts naturels de la
corne.
- Le rognage
Une scie circulaire impressionnante frôle de près
les doigts du rogneur, qui découpe la plaque marquée,
en bâtons de corne au contour délimité.
- Le façonnage
Le bâton ainsi obtenu est nettoyé de ses aspérités,
et aminci du côté où seront découpées
les dents du peigne.
- Le carrage
Cette opération consiste à façonner le contour
du peigne par un meulage guidé sur un gabarit. Une fois
carré, le peigne a son contour définitif.
- Le grossage et le stadage
Ces deux opérations vont donner son vrai sens au peigne.
Grâce à une machine appelée "Estadeuse"
, apparue entre 1855 et 1865 en Angleterre, les grosses dents
- grossage- et les petites dents -stadage- vont
pouvoir être réalisées automatiquement, alors
que jusqu'à la naissance de cette machine, elles étaient
faites une par une
à la main!
- Le planetage
Cette étape consiste à nettoyer la surface du peigne
de ses aspérités à l'aide d'une meule douce,
et à planer le peigne, c'est-à-dire à lui
donner une surface régulière.
- L'appointage et le perlage
Cette opération est effectuée à l'aide d'une
petite meule striée fin, pour que la pointe des dents soit
arrondie de tous les côtés. Puis, le haut des dents,
pour ne pas casser le cheveu lorsqu'on se peigne, est parfois
arrondis, également à l'aide d'une meule strié,
mais avec des tries plus grosses.
Le peigne a maintenant la forme que nous lui connaissons, mais
il n'est pas encore fin prêt.
- Le baguettage
Afin de donner une silhouette plus fine à certains modèles
de peigne, le dos de celui-ci est aminci sur une petite largeur,
à l'aide d'une meule douce et étroite.
- Le façonnage du dos
Cette opération, grâce à une meule constituée
de gorges de différentes largeurs, permet d'arrondir le
dos du peigne.
- Le ponçage
Il existe deux façon de poncer les peignes :
- A la main, en appuyant le peigne enduit de ponce, contre
un tampon de drap humide
- En mettant les peignes dans un tonneau, dans lequel se
trouvent des cubes de bois et une préparation à
base de ponce.
- Le polissage
C'est l'opération finale. Elle va donner à la corne
tout sont éclat, et faire ressortir les couleurs. Cette
opération peut se faire également de deux façons,
comme le ponçage:
- A la main, en appuyant le peigne sur un tampon qui a été
préalablement enduit de pâte à polir
- En faisant séjourner 24 heures les peignes dans un
tonneau, rempli de cubes de bois enduits d'une préparation
spéciale pour le polissage.
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| Enfin, les peignes sont triés,
classés, marqués soit "corne véritable",
soit à la marque du client, puis emballés et expédiés.
Alors enfin ils pourront trouver leur fonction qui est de mettre un
peu d'ordre dans nos chevelures ... |
| Confection d'un couvert
à salade |
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Après avoir séparé la pointe de la corne par
le sciage, la partie restante, appelée « creux »,
sera sciée en long, de manière à obtenir deux
parties.
Les pièces ainsi obtenues, sont chauffées, afin
dêtre ramollies et de pouvoir subir un aplatissage complet.
Après quelques secondes sous la presse, la corne se retrouve
sous la forme dune plaque, sur laquelle nous pouvons alors
tracer le couvert à salade. Selon la longueur, la largeur
et lépaisseur de la plaque, un seul modèle de
couvert bien précis peut être façonné
à partir de celle-ci.
Une fois le modèle déterminé et tracé,
nous le découpons à la scie, à main levée.
Ensuite, afin de casser le nerf de la corne, il est soumis à
une pression de 100 tonnes, sous une presse hydraulique, à
chaud, opération qui lui permet dêtre moins sensible
aux variations de température et dhygrométrie.
Commencent ensuite les opérations de nettoyage. Le couvert,
encore sous forme débauche, commence à saffiner,
sous les doigts de la façonneuse.
Le cuilleron et la fourchette peuvent alors être galbés.
Pour cela, lextrémité des couverts est chauffée
et présentée dans un moule qui lui donne la forme
souhaitée.
Les couverts repartent de nouveaux dans les mains de la façonneuse,
pour les ultimes opérations, le ponçage et le polissage,
qui vont leur donner tout leur éclat, en faisant ressortir
leurs couleurs.
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